CONCORDIA

Ce jeu parmi mes coups de cœur

Quand on m’a fait essayer Concordia, c’était lors d’un Samedi d’jouer auquel j’avais été invitée. En fait, c’était mon premier Samedi d’jouer que je n’oublierai d’ailleurs jamais. On était une trentaine de personnes et je n’y ai joué à aucun jeu que je connaissais à part le dernier, Amun-Re. Ça avait commencé à 13:00, fini à 2:00 du matin avec un mal de tête… pas habituée d’en apprendre autant dans une même journée! Héhé!

Ce qui m’avait fait tripper, c’était de voir tous ces passionnés qui se donnaient sans problème dans les explications. Chaque fois qu’on sortait un jeu, je ne le connaissais pas, mais c’était pas grave! Ça faisait plaisir à tous de prendre le temps de l’expliquer. Pour ceux qui connaissent les JAB, c’était un JAB d’une journée, apparemment. J’y avais d’ailleurs rencontré pas mal de personnes du groupe Facebook Jeux de société Qc et j’avais trouvé ça super.

Un moment donné, quelqu’un sort Concordia. Au look, j’me disais que ce devait être un gros jeu. 3e jeu que je ne connais pas… qu’à cela ne tienne, on est prêt à me l’expliquer, je suis prête à y jouer! Les explications vont bon train, mais je ne comprends pas trop la patente avec les cartes tsé… une première personne passe à côté de moi et me dit « Première fois que tu y joues? Achète des cartes. » Ok ok. J’achète des cartes. Une seconde passe et me dit « Première partie de Concordia? Bâtis des maisons. » Bon… ok… y’a combien de stratégies à ce jeu-là?

La partie terminée, ce fut un échec pour moi, mais ça me le prenait absolument, ce jeu!

 

Le jeu 

Concordia se joue de 2 à 5 joueurs de 13 ans et plus pour une durée de 90 minutes (et plussssssss).

Il offre un plateau recto-verso. D’un côté, offrant 11 provinces, on peut y jouer de 2 à 4 joueurs, et de l’autre, offrant 12 provinces, on peut y jouer de 3 à 5 joueurs. Au début de la partie, on dispose les cités sur le plateau selon la lettre apparaissant au verso des tuiles puis on détermine les jetons bonus pour chaque province. On pioche ensuite les 7 premières cartes de la pioche qui fut créée selon le nombre de joueurs.

Ensuite, chaque joueur reçoit un plateau « entrepôt », 6 colons (3 terrestres et 3 maritimes), 6 marchandises, 15 villas et, finalement, ses 7 cartes de départ. Les joueurs reçoivent ensuite des sesterces selon leur position dans le tour de jeu (1er joueur, 5 sesterces, 2e, 6 sesterces, etc.).

Tout l’monde est prêt? On part…

Concordia se joue comme suit… les joueurs, à tour de rôle, vont jouer une carte de leur main leur permettant d’accomplir une action. Peu importe l’action souhaitée, c’est une carte qui vous permettra de le faire. Je vous présente donc ces cartes, ce qui vous permettra de saisir le but ultime de ce bijou!

Architecte : cette carte vous permet de déplacer vos colons d’autant d’espace sur le plateau que vous avez de colons sur celui-ci. En d’autres mots, c’est votre nombre de colons qui détermine votre nombre de déplacements possibles. Comme on commence tous avec 2 colons (un de chaque) sur le board, on commence tous avec 2 déplacements. Vos déplacements peuvent d’ailleurs être répartis comme bon vous semble parmi tous vos colons. Suite à ces déplacements, vous pouvez bâtir des villas dans les cités adjacentes à vos colons. Le coût de construction est toujours une brique et la ressource correspondant à la cité dans laquelle vous désirez bâtir votre villa plus un certain nombre de sesterces (2 pour le blé, mais 5 pour le tissu). De plus, si vous vous bâtissez quelque part où l’un de vos adversaires avait déjà élu domicile, vous devrez payer le double en sesterces.

Préfet : le préfet vous offre deux options : soit vous activez une province pour que toutes les cités présentes produisent leur ressource et que vous obteniez le bonus de cette province. Dans le présent cas, tous les joueurs ayant des villas présentes sur les cités de la province en question recevront leurs ressources, vous obtiendrez le bonus de cette région, déterminé au début de la partie, puis on retourne le jeton bonus. Au verso de ces jetons, se trouve 1 ou 2 sesterces. La deuxième option du préfet, est de récolter les sesterces de toutes les provinces ayant déjà été activées. Vous retournez tous les jetons sur leur côté bonus et vous faites l’argent correspondant. Les joueurs ont deux préfets dans leur main au début de la partie.

Marchand : à prime abord, le joueur reçoit 3 sesterces lorsqu’il joue son marchand. Ensuite, il peut acheter et/ou vendre deux types de marchandise. Cela signifie que le joueur pourrait vendre autant de tissus qu’il le souhaite pour acheter autant de briques que son entrepôt lui permet de recevoir. Ou encore, il pourrait vendre deux types ou acheter deux types. Ce qu’il faut retenir, c’est que la quantité n’est pas limitée.

Diplomate : le diplomate permet simplement de copier l’action de la dernière carte jouée par l’un de vos adversaires. Le joueur peut même copier l’action d’une carte qu’il n’a pas du tout dans son jeu. C’est en plein l’occasion de profiter des achats de vos adversaires!

Sénateur : les achats de nos adversaires? Me direz-vous… hé oui! Puisque le sénateur vous permet de vous procurer deux cartes parmi les 7 présentes sur le haut du plateau. Vous savez, celles que nous avons piochées dans la mise en place? Le coût des cartes est prédéterminé, mais certaines pourraient avoir un coût supplémentaire selon leur position sur la ligne d’achat. Évidemment qu’une fois des espaces libérés, on glisse les cartes vers le coût supplémentaire le moins cher et on remplit.

Tribun : finalement, le tribun, ce qu’il vous permet de faire, c’est de récupérer les cartes de votre « défausse » dans votre main. De plus, il vous permet, pour un outil et un blé, de mettre un autre de vos colons à Roma. Finalement, lorsque vous jouez le tribun, vous comptez les cartes que vous aviez dans votre défausse (incluant celui-ci) et vous soustrayez 3, vous recevez ce total en sesterces. (Exemple : j’ai joué toutes mes cartes : 7-3=4 sesterces).

Le sénateur permet d’aller se chercher des cartes d’action que nous avons déjà, mais que nous aimerions faire plus souvent, par exemple, ou une nouvelle carte procurant une nouvelle action. La ligne d’achat nous propose parfois un marchand qui donne 5 sesterces au lieu de 3, des spécialistes qui nous permettent de faire des ressources, un colon qui nous permet de poser de nouveaux colons sur nos cités plutôt que sur Roma…

La partie peut se terminer de deux façons : soit un joueur a posé sa dernière villa, soit un joueur a acheté la dernière carte de la ligne d’achat. Dans les deux cas, le joueur ayant mis fin à la partie gagne la carte Concordia valant 7 points. À ce moment, les joueurs vendent toutes les ressources de leur entrepôt au coût indiqué dans le haut de celui-ci. Aucun point n’est compté en cours partie, car ce sont les cartes de nos mains qui déterminent les points que nous faisons. Checkez ben ça!

Dans le bas de chaque carte, on retrouve, d’abord, le coût de cette carte (dans les cas où elle fut achetée) puis son « bonus de fin de partie ». Les cartes correspondent à des Dieux qui eux vous procurent des points selon certains critères…

Vesta : chaque joueur ne peut avoir qu’une seule carte avec ce Dieu dans le bas qui accorde un point par tranche de 10 sesterces.

Jupiter : chaque carte de ce Dieu accorde un point par villa que vous avez construite dans une cité ne produisant pas de brique.

Saturnus : chaque carte de ce Dieu accorde un point par province dans laquelle vous avez au moins une villa construite.

Mercurius : chaque carte de ce Dieu accorde 2 points par type de marchandise que vos villas produisent (incluant la brique, cette fois-ci).

Mars : chaque carte de ce Dieu accorde 2 points par colon que vous avez réussi à placer sur le plateau.

Minerva : il existe autant de cartes Minerva que de types de marchandise. Chaque carte de ce Dieu correspond à une marchandise et procure des points selon le nombre de vos villas construites dans les cités correspondant à cette marchandise. Par exemple, vous pourriez faire 3 points par villa construite dans une cité produisant du blé.

Finalement, le joueur ayant mis fin à la partie fait 7 points pour sa carte Concordia et le joueur ayant marqué le plus de points gagne la partie.

 

Mon feeling là-d’sus

Je suis littéralement tombée en amour avec Concordia dès la première partie. Je le voulais, c’était viscéral. Bon. Vous allez me dire que je veux TOUJOURS un jeu dans ma collection et que c’est TOUJOURS une question de vie ou de mort. Mais Concordia, c’est pas pareil… je venais de rencontrer le jeu de ma vie. Je voyais le potentiel. L’idée de compter les points SEULEMENT à la fin, de ne pas voir la progression des autres… je trippais. Oui, il existe d’autres jeux pour lesquels on ne compte qu’à la fin. J’ai joué à Arboretum hier. On a compté à la fin. MAIS il est souvent facile de voir qui s’enligne sur quoi. À Concordia, on peut deviner ce qui se passe, mais on ne le sait jamais vraiment à 100% avant la fin de la partie. Ça m’est arrivé souvent de n’avoir aucun espoir parce que mon adversaire avait pu bâtir beaucoup de villas ou avait pu se procurer beaucoup de cartes. Et pourtant, je venais à bout de me défendre et de gagner la partie.

Je trouve que, malgré que la mécanique soit simple, la stratégie à adopter peut avoir des airs plus complexes. La rejouabilité est, à mon avis, excellente puisque les cartes de la pioche ne se présenteront pas toujours de la même manière, les cités n’auront pas toujours été placés à la même place et les bonus ne seront pas toujours les mêmes. Tout ça fera en sorte que vous ne pourrez pas toujours jouer exactement de la même manière et gérer vos marchandises et vos sesterces de façon identique.

J’aime que le hasard ne dirige pas notre stratégie, qu’on tente, à chaque partie, d’optimiser davantage les cartes que l’on joue. Attendre au bon moment, sans se faire couper l’herbe sous le pied. Jouer son ou ses diplomates quand ça paye le plus. Je ne connais personne à qui je l’ai fait essayer et qui n’a pas aimé. C’est du solide, Concordia, si on veut bien se défendre. C’est du solide et du bon timing.

Comme ma première partie s’est jouée avec l’extension Salsa, cette dernière ne s’est pas fait attendre longtemps dans ma collection. Je l’attendais en français, mais j’ai perdu espoir quand j’ai su que le jeu était discontinué. Un jour, peut-être, je vous parlerai de ce bel ajout à ce jeu déjà assez s’a coche!

J’espère vous avoir donné envie de l’essayer. Ce jeu vaut au moins une partie, ne serait-ce que pour marquer vos mémoires. Et, chanceux que vous serez, une fois tombés amoureux de ce bijou, il vient d’être réédité, il y a environ deux semaines, par Rio Grande Games. Ce qui signifie que, contrairement à moi, vous n’aurez probablement pas à courir toutes les boutiques afin de trouver cette perle qui fut un jour plutôt rare!

Je crois que je peux lui accorder un beau 9.7/10 et la seule raison pour laquelle ce n’est pas un 10, c’est parce que j’ai des jeux beaucoup plus beaux. Bon. La beauté n’influence pas la partie, mais elle peut influencer l’expérience un petit peu… et je ne peux pas dire que c’est le look de Concordia qui m’a attirée au premier regard.

Ma note : 9.7 Stars (9,7 / 10)

 

Image à la une : http://ludovox.fr/retour-sur-concordia-un-jeu-pacifique/

Auteur: SoeeFi

Joueuse dans l’âme du plus loin que je me souvienne, les jeux de société modernes m’ont entraînée ailleurs complètement.
Je suis passée d’une vingtaine de jeux à près de 200 en 1 an et demi… mais je joue à tous les jours.
J’essaierai, du mieux possible, de vous faire entrer dans mon univers à travers mes parties, mes aventures de jeux et mes coups de coeur.
Chez nous, c’est L’Appartement du bonheur : plus y’a de jeux, mieux on se sent et plus on a de plaisir. J’essaierai, de mon mieux, de vous faire entrer dans ce bel univers.
Have fun! 🙂

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2 thoughts on “CONCORDIA

    1. Tant mieux si ça t’a plu! 😀 J’aime ça quand mes explications donnent la piqûre. Surtout pour des bijoux comme celui-là! Je te souhaite de l’aimer autant que moi! 🙂

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