Bonjour et bienvenue à ce premier opus de Critiques Express, qui par le fait même est mon premier article sur le site de Passion Boardgames! Dans ce segment, je vais faire le tour de ma bibliothèque KALLAX 1 carré à la fois, et vous faire une critique plus ou moins rapide sur chacun des jeux qui s’y trouvent. Je n’entrerai pas en détails dans le fonctionnement et les règles, mais plutôt vous donner quelques points positifs et négatifs de chacun. Si jamais votre curiosité est piquée, libre à vous d’aller chercher plus d’informations 😉

Alors sans plus attendre, voici le premier groupe qui aura la chance d’être présenté :

De gauche à droite: Valletta, Vikings Gone Wild, Abyss, Concordia Salsa et Concordia.

Valletta

  • Éditeur : Z-Man Games
  • Designer : Stefan Dorra
  • Artiste : Klemens Franz
  • Année de publication : 2017
  • Nombre de joueurs : 2-4
  • Temps de jeu : 20 minutes par joueur
  • Poids : 2.45 / 5, selon la communauté de BoardGameGeek
  • Consulter la fiche sur BGG

J’ai obtenu ma copie de Valletta lors d’un concours d’une gracieuseté de l’École du Jeu. Le jeu avait l’air intéressant, mais pas assez pour que j’aie envie de l’acheter. J’étais tout de même bien content d’en gagner une copie ( qui n’aime pas les jeux gratuits? 😀 ).

Les points positifs

Valletta est un jeu de deck-building et de gestion de ressources, mais avec quelques twists bien originales. Premièrement, tu ne joues pas ta main au complet pendant ton tour. Sur une main de 5 cartes, tu en choisis 3 que tu vas jouer dans un ordre spécifique. Les 2 cartes restantes restent dans ta main jusqu’à ce que tu les joues à un prochain tour. Cette mécanique permet un niveau de planification qu’on ne voit pas dans beaucoup d’autres jeux de deck building. Au lieu d’avoir 5 nouvelles cartes chaque tour et être à la merci du hasard, tu peux conserver une carte sur plusieurs tours pour la jouer au moment optimal.

Une autre chose que Valletta fait particulièrement bien dans le genre du deck-building, c’est l’acquisition de nouvelles cartes. Lorsqu’on achète une nouvelle carte, au lieu de la mettre dans notre défausse comme pratiquement tous les autres jeux de deck-building, tu la prends directement dans ta main! Tu peux donc utiliser tes nouvelles cartes immédiatement au prochain tour, au lieu d’attendre de la piocher après avoir mélanger ta défausse. C’est ce qu’il y a de plus satisfaisant, d’utiliser tes nouvelles cartes! Valletta te permet de le faire immédiatement après les avoir acheter, ce que je trouve très bien.

La dernière mécanique de Valletta que j’apprécie beaucoup, c’est le déroulement de la fin de la partie. Lorsque la fin de la partie est déclenchée, chaque joueur mélange immédiatement sa défausse dans son deck, et la partie continue jusqu’à ce que tous les joueurs aient joué TOUTES leurs cartes. C’est vraiment original et c’est super satisfaisant de passer au travers ton deck une dernière fois.

Les points négatifs

Bien que Valletta offre des mécaniques intéressantes et originales, ça reste un jeu très simple. Ne me méprenez pas, j’aime les jeux simples également, mais j’ai trouvé celui-ci trop long pour ce qu’il a à offrir. Notre partie à 4 joueurs a duré tout près de 2 heures. Pendant ce temps, on aurait pu jouer une partie de Scythe ou de Viticulture, deux jeux beaucoup plus satisfaisants à jouer pour sensiblement le même temps de jeu. Par contre, c’était seulement notre 2e partie. J’imagine qu’à y jouer plus souvent, on pourrait facilement descendre le temps de jeu à 20 minutes par joueur. Le problème, c’est que je n’ai pas nécessairement envie d’y jouer plus souvent. Après 2 parties, le jeu était déjà devenu plutôt répétitif, et ne semble avoir aucune variété au niveau des stratégies.

Somme toute, Valletta reste un bon jeu d’introduction à différentes mécaniques, avec quelques variantes intéressantes à la formule habituelle du deck-building. Je le considèrerais comme un jeu de transition; bon pour introduire de nouveaux joueurs, mais on passe rapidement à autre chose.

Mon appréciation : (5,5 / 10)

Vikings Gone Wild

  • Éditeur : Lucky Duck Games
  • Designer : Julien Vergonjeanne
  • Artiste : Mateusz Komada
  • Année de publication : 2016
  • Nombre de joueurs : 2-4
  • Temps de jeu : 45 à 90 minutes
  • Poids : 2.28 / 5, selon la communauté de BoardGameGeek
  • Consulter la fiche sur BGG

Des vikings, de l’or, et de la bière! Quoi demander de mieux? Dans Vikings Gone Wild, un jeu de deck-building, vous allez construire votre village viking, recruter des unités, aménager vos défenses et compléter des missions pour être le premier joueur à atteindre un certain nombre de points (30 ou 40, selon le nombre de joueurs). On fait des points en attaquant les bâtiments des autres joueurs, en complétant des missions, avec certains bâtiments qui nous récompensent s’ils sont plein de ressources, ainsi que des bonus de fin de partie.

Les points positifs

Ce que j’aime de ce jeu, c’est qu’en plus de construire ton deck, tu vas construire ton village. Contrairement à ta main de cartes qui disparait à chaque fin de ronde, les bâtiments de ton village restent en place et continue de s’opérer jusqu’à la fin de la partie. Il existe plusieurs types de bâtiments, et en début de partie il y a une limite au nombre de bâtiments que tu peux avoir. Il faut vraiment que tu fasses les bons choix qui iront bien avec la stratégie que tu vises et les avantages que tu veux avoir en cours de partie.

L’autre point marquant de Vikings Gone Wild, ce sont les mécaniques qui gèrent l’interaction entre les joueurs. Pendant ton tour, tu peux attaquer les bâtiments des autres avec tes cartes d’unités. La beauté dans tout ça, c’est que tu ne détruits pas le bâtiment. Tu fais simplement mettre un jeton destuction dessus, indiquant que ce bâtiment ne peut être attaqué à nouveau jusqu’à la prochaine ronde. Il y a rien qui me turn off plus dans un jeu que de te faire détruire ce que tu as mis plusieurs tours à planifier, alors je peux dire que je suis bien servi par cette mécanique. Le pire qui va t’arriver dans ce jeu, c’est de te faire voler une ressource si jamais quelqu’un attaque tes bâtiments de stockage. Certains trouveront ça ennuyant, mais moi je trouve ça parfait.

Les points négatifs

Comme tout jeu de deck-building, il y a une rangée de cartes que l’on peut acheter. Et bien dans Vikings Gone Wild, la majorité de ces cartes sont plutôt ennuyantes, alors que d’autres sont surpuissantes. Les joueurs privilégient généralement les cartes “fixes” (celles qui sont toujours disponibles, comme les unités de base ou les cartes de défense) et les bâtiments.

Deuxième point négatif : les cartes de défense. La principale façon de faire des points dans ce jeu, c’est d’attaquer les autres joueurs. Une attaque réussie donne un certain nombre de points selon le nombre de bâtiments attaqués. Si on a des cartes de défense en main, on peut les jouer pour repousser une attaque. Une attaque repoussée donne également un nombre de points selon le nombre d’unités repoussées. Là où ça coince, c’est que tes cartes de défense sont complètement inutiles si personne ne t’attaque.

L’autre point que je voulais mentionner, c’est la structure de rounds qui est bizarrement faite. Je ne m’éterniserai pas là-dessus, parce que le designer du jeu a créé une variante qui semble améliorer beaucoup la structure, mais je n’ai pas encore eu la chance de l’essayer. Elle est disponible sur boardgamegeek et s’intitule Rush Mode.

Pour finir, Vikings Gone Wild est un jeu amusant, avec un thème rigolo, mais qui n’est pas très remarquable. La mécanique d’attaque et de défense apporte une belle dynamique au jeu, et la construction du village amène un bon sentiment de progression. J’attends l’extension Master of Elements qui, je l’espère, va revigorer un peu mon intérêt pour le jeu, autrement je ne crois pas qu’il reverra la table de si tôt, malheureusement.

Mon appréciation : (7 / 10)

Abyss

  • Éditeur : Bombyx
  • Designer : Bruno Cathala et Charles Chevalier
  • Artiste : Xavier Collette
  • Année de publication : 2014
  • Nombre de joueurs : 2-4
  • Temps de jeu : 30 à 60 minutes
  • Poids : 2.35 / 5, selon la communauté de BoardGameGeek
  • Consulter la fiche sur BGG

Abyss a fait partie de ma première vraie commande que j’ai passée lorsque j’ai commencé à m’intéresser au hobby du jeu de société, en septembre 2015! Ça été pendant longtemps un des jeux les plus joués de ma collection. C’est rare que je vais commenter sur le visuel d’un jeu, mais celui-ci est vraiment d’une beauté exceptionnelle.

Les points positifs

Abyss est un jeu de push your luck et de collection d’ensemble. Là où il se démarque vraiment, c’est que pratiquement tout ce que tu fais va avantager tes adversaires plus que toi-même. Quand tu vas en exploration, chaque carte que tu retournes doit d’abord être offerte à tes adversaires. Ensuite, les cartes que tu laisses sur la piste sont réparties en différentes piles qui peuvent devenir très avantageuses pour un joueur qui souhaite récupérer plusieurs cartes d’un coup. Chaque monstre que tu décides de laisser passer fait augmenter la récompense pour le prochain joueur qui choisit de l’affronter, etc, etc, etc. C’est vraiment un jeu de mitigation. À quel point tu désires pousser ta chance pour obtenir ce que tu as besoin, sans toutefois donner trop de possibilités aux autres joueurs? Ça crée une dynamique de jeu vraiment intéressante.

Un autre point que j’apprécie particulièrement dans Abyss, ce sont les différents pouvoirs des seigneurs et la façon dont ils sont gérés. Certains seigneurs ont des pouvoirs très puissants, et ces seigneurs viennent avec une clé. Lorsque tu atteints 3 clés, tu dois obligatoirement aller chercher un lieu et cacher l’habilité de chaque seigneur qui a contribué une clé pour l’acquisition de ce lieu. Les lieux peuvent donner énormément de points à la fin de la partie, alors c’est d’aller chercher un équilibre entre l’utilisation maximale des pouvoirs de tes seigneurs et l’acquisition de lieux pour faire des points. Ça apporte un élément de timing très intéressant, et ça empêche l’abus de certains seigneurs qui sont plutôt contraignants pour nos adversaires.

Les points négatifs

La mécanique des monstres est de loin la moins intéressante. Par chance, l’extension Leviathan (à paraitre en 2018) va venir améliorer cet aspect, entre autres choses. J’ai bien hâte de voir ce que ça va changer. J’ai aussi essayé l’extension Kraken il y a plusieurs mois, mais je n’ai pas trouvé que les éléments qu’elle apportait amélioraient grandement l’expérience de jeu, alors je ne l’ai pas achetée.

Bref, je n’ai pas grand chose de négatif à dire à propos de ce jeu. Facile à apprendre, bonnes mécaniques, bonne tension entre les joueurs, et opportunités de score plutôt variées! Je le recommande fortement, tant aux débutants qu’aux joueurs plus expérimentés.

Mon appréciation : (7,8 / 10)

Concordia + Concordia Salsa

  • Éditeur : Rio Grande Games
  • Designer : Mac Gerdts
  • Artiste : Marina Fahrenbach, Mac Gerdts, Dominik Mayer
  • Année de publication : 2013
  • Nombre de joueurs : 2-5
  • Temps de jeu : 100 minutes
  • Poids : 3.12 / 5, selon la communauté de BoardGameGeek
  • Consulter la fiche sur BGG

On vient de parler d’un jeu d’une beauté époustouflante, maintenant on va parler d’un des jeux les plus ennuyants visuellement parlant. Concordia, c’est pas le genre de jeu que tu vas faire Wow, ok ça l’air génial, je veux y jouer MAINTENANT! Non… Je te garantis que tu n’auras pas envie d’y jouer lorsque tu vas le voir pour la première fois. Pas qu’il est affreusement laid, mais on pourrait le qualifier de terne et sans vie.

C’est un jeu qui a été hors impression pendant des mois, et qui a été pratiquement impossible à trouver pendant tout ce temps. Une réimpression est arrivée vers l’été 2017, et c’est à peu près à ce moment-là que j’en ai fait l’acquisition.

Les points positifs

Concordia est un jeu pour 2 à 5 joueurs qui joue environ en 30 minutes par joueur, selon mon expérience. Ça peut sembler long pour certains, mais le jeu sait tellement te tenir en haleine que ça passe vraiment très (même trop) rapidement! La fin de la partie arrive toujours précipitamment, te laissant rarement le temps de terminer les projets que tu as entamés. Pour moi, c’est signe d’un bon jeu, et ça me donne toujours le goût de rejouer immédiatement.

Pendant la partie, tu bâtis une main de cartes, et ce sont ces cartes qui dictent les actions que tu peux effectuer à ton tour. Tu peux donc planifier plusieurs tours à l’avance ce que tu vas faire pour arriver à ton objectif. Bon, je veux construire une ville ici et une autre là. Pour ça, j’ai besoin 2 briques, un tissu et un outil. Ça veut dire que je vais devoir jouer un Prefect, ensuite un Mercator et puis finalement un Architect. Tu n’as qu’à placer tes cartes dans le bon ordre, et lorsque vient ton tour tu sais déjà quoi faire. Si chaque joueur s’adonne à ce niveau de planification, les tours passent vite! Il est possible que quelqu’un vienne chambouler tes plans pendant son tour, mais jamais à un point tel que tu dois reconsidérer totalement ta suite d’actions.

L’extension Salsa apporte aussi plusieurs éléments intéressants. Une nouvelle map, une nouvelle ressource et les tuiles forums. J’aurais tendance à dire qu’elle rend le jeu plus facile, parce que les nouvelles mécaniques te récompensent plus souvent et de façon plus généreuse. Une ressource qui peut être dépensée en tout temps comme une autre ressource de ton choix, une action de construction améliorée qui te coute moins cher, des ressources gratuites, un pouvoir qui te facilite la tâche dans telle ou telle autre circonstance, etc. Le jeu devient encore plus satisfaisant et ça rend possible la création de combos qui te font sentir intelligent!

Les points négatifs

Pour vrai, à part le visuel qui laisse vraiment à désirer, je n’ai pas grand chose de négatif à dire à propos de ce jeu. OK oui, il y a une affaire qui m’a vraiment gossé quand j’ai déballé l’extension : la grosseur des sachets de sel (la nouvelle ressource qui provient de Salsa) est vraiment disproportionné par rapport aux jetons de ressources du jeu de base… Mais c’est vraiment parce que je cherche des poux que je dis ça. Ça n’affecte aucunement l’expérience de jeu 😛

Alors si ce n’est pas déjà fait, cours vite acheter ce jeu! C’est un chef d’oeuvre des temps modernes, un excellent jeu de style euro que je recommande fortement à quiconque cherche des mécaniques originales (faut bien faire changement du placement d’ouvriers, non?) et une bonne rejouabilité. Les règles de Concordia sont très simples, mais le jeu brille par ses nuances et subtilités au niveau stratégique.

Mon appréciation : (9 / 10)

Conclusion

Waouh! C’est ce qui conclu ce premier épisode de CRITIQUES EXPRESS! En espérant vous avoir diverti, je vous dis à la prochaine pour une autre belle brochette de jeux!

Auteur: Marco

Joueur aguerri et papa de 4 futurs gamers, Marco adore les jeux lourds à haute teneur stratégique. Peu loquace de nature, mais pourrait vous entretenir pendant des heures à parler de jeux de société de manière approfondie.

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Marco

Joueur aguerri et papa de 4 futurs gamers, Marco adore les jeux lourds à haute teneur stratégique. Peu loquace de nature, mais pourrait vous entretenir pendant des heures à parler de jeux de société de manière approfondie.

3 commentaires

TopGun · 12 mars 2018 à 14 h 33 min

Merci Marco. C’est génial. Ça m’a permis de me faire une idée sur quelques jeux rapidement!

Titibo · 15 mars 2018 à 13 h 40 min

Très sympa ce petit concept ;-). Ça permet de donner un bel aperçu de chaque jeu. Efficace et rapide, J’adore. Vivement le 2ème opus 😉

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