IKI, LA VOIE DU COMMERÇANT!

Avant de débuter la lecture de cette critique, je vous conseille fortement de mettre en fond sonore la musique du film Le dernier samurai ou de tout simplement marquer dans votre recherche youtube : traditionnal japanese music et de choisir ce qui vous convient. Chose faite? Vous pouvez maintenant débuter votre lecture tout en profitant du petit verre de saké que vous venez de vous verser.

Iki est un terme qui désigne un mode de vie en japonais , mais le mot Iki, c’est  aussi le titre d’un jeu provenant du pays du soleil levant qui suinte d’une thématique asiatique et dans lequel le commerçant le plus doué saura avec finesse et calcul comment devenir le plus grand maître marchand de tout Edo!

Iki, une production d’Utsuroi, est un jeu de 2015 se déroulant à l’époque du japon féodal. Chaque joueur y contrôle deux types de meeples ; le Oyakata, qui définit le déplacement du joueur et les Kobun, qui sont des citadins voulant représenter quelles échoppes marchandes le joueur possède. Le but de ce jeu tout en finesse est de traverser les quatre saisons d’une année, définies par des tours de jeu, afin de devenir l’Edokko, un personnage quasi-mythique voulant maintenir la prospérité de la ville. Le joueur gagnant sera celui qui aura accumulé lors du comptage final le plus de points d’Iki. Afin d’accumuler ces précieux points, les joueurs devrons, au fil des saisons, combinés différents achats afin de créer de manière spontanée des points de Iki, ou bien plutôt d’accumuler différents combos favorisant la création d’une importante quantité de points qui seront effectif à la toute fin de la partie. J’ai saigné du nez lors de ma première game, essayant de comprendre les subtilités menant à la victoire, et c’est à mon avis une gigantesque force de jeu. L’origami semble une partie de plaisirs à côté de la complexité qui déborde d’Iki.

Le plateau de jeu représente le quartier marchand de l’époque. Il est scindé en quatre parties égales, chacune des parties possédant deux maisons marchandes. Devant chacune des maisons, différentes actions permettant l’achat ou le gain gratuit de ressources sont présentées aux joueurs. Mais là où le jeu prend son envol, c’est que chaque maison possède une arrière-boutique vide, où une fois par tour à tour de rôle, les joueurs vont pouvoir, s’ils le veulent, y placer des marchands préalablement achetés et représentés par des cartes. Ainsi, les joueurs vont déplacer leur Oyakata dans le quartier et vont avoir l’opportunité d’acheter une carte artisan en premier lieu et de le poser sur un emplacement libre.  Ils positionnent ensuite un Kobun devant la carte de l’artisan, signifiant que ce fier travailleur leur appartient désormais. Ils peuvent décider de remplacer l’achat d’un artisan par un montant d’argent fixe. Une fois cette première partie effectuée,  ils vont pouvoir acheter  des sandales, des ballots de riz, du bois, des poissons de saisons, de l’argent, des pipes à tabac ou même faire affaire avec un artisan d’arrière-boutique aux talents très variés.  Mais la question qu’on se pose ici, mes chers maître marchand, est : À quoi servent ces damnés ressources ? À gagner la partie si vous savez bien comment les utiliser!

Les sandales servent à se déplacer plus rapidement sur le plateau de jeu, le bois sert à construire des bâtiments qui peuvent produire des points d’iki en fin de partie (Whaaaat y’a des bâtiments en plus!), l’argent est utile pour… acheter des choses, naturellement, et finalement les poissons de saison et les pipes à tabac vont vous permettre de gagner un grand nombre de points, également en fin de partie.

Le riz, ressource de base, sert à nourrir les artisans des joueurs. Lorsque vous achetez des artisans et que vous les placez sur un espace libre du jeu, ces derniers peuvent vous octroyer un bonus de ressources au fil des saisons. Chaque joueur peut utiliser n’importe quel artisan de n’importe quel autre joueur une fois qu’il est placé sur le plateau de jeu, mais seulement le possesseur de la carte artisan remporte certains avantages. Les avantages peuvent être variés, allant de l’acquisition soudaine de points d’Iki à un bonus de ressources. Voilà que sans riz, bin vos artisans vont mourir. S’ils meurent, bin vous perdez leurs avantages. Aussi simple que ça. Chaque fois qu’un joueur autre que le possesseur fait affaire avec un artisan d’arrière-boutique, cet artisan gagne en expérience et en finesse et va éventuellement prendre sa retraite. Lorsqu’il prend sa retraite, son possesseur n’a plus besoin de le nourrir, mais l’artisan va tout de même lui octroyer des bonus au fil des tours ! Alors, ne laissez pas mourir vos pauvres artisans, ils ne savent pas comment prendre soin d’eux ces bougres! Les artisans sont tous différents, du plus noble tenancier de stand à Sushi au plus extravagant fabricant de cerfs-volants. Il y a même UN samurai dans le lot qui possède un avantage intéressant pour celui qui met la main dessus.

Lors des tours, des incendies peuvent démarrer dans certains quartiers du plateau (les maisons en papier, mauvaise idée les gars). C’est pourquoi il existe également une échelle de protection contre le feu qui peut augmenter au fil de la partie selon les actions des joueurs. Chaque joueur peut se situer à un différent endroit de l’échelle de protection, pouvant ainsi stopper un incendie dévastateur. Lorsqu’un incendie fait rage et qu’il n’est pas contrôlé, il peut raser des bâtiments et anéantir tous les artisans d’un quartier précis.

Vous l’aurez compris, il existe une panoplie de voies à emprunter dans ce mode de vie qu’est Iki. Ce fut un gigantesque cours de cœur de mon année 2016. C’est un jeu élégant, tout en finesse, avec un visuel minimaliste mais charmant. Ce jeu suinte de sa thématique sur chaque carte. L’art du jeu, inspiré du style artistique japonais féodal me fait tripper solide, c’est très immersif. C’est un adroit mélange de deck bulding et d’accumulation de points et de ressources. Il possède une rejouabilité incroyable grâce à ses nombreuses cartes artisans variées et grâce à des chemins divers vers la sérénité de l’Eddoko.  C’est peu de hasard pour beaucoup de choix. On termine une partie et on veut discuter après du déroulement de cette dernière. C’est la tranquillité de l’étang, la finesse du renard, c’est le cœur de l’Edo, rien de moins.

Vous pouvez maintenant arrêtez la musique d’ambiance.

9.0 Stars (9,0 / 10)

Auteur: foudebassan90

Né probablement dans une boîte d’horreur à Arkham en 1990, Pierre-Philippe s’intéresse depuis son plus jeune âge aux jeux ludiques sous toutes ces formes.

Ayant été effrayé par le maître des clés dans le jeu de société Atmosfear lorsqu’il était encore qu’un bambin, il affectionne particulièrement les jeux à tendance horrifique qui plongent les joueurs dans le mystère et l’horreur. Découvrant que plus récemment la richesse du style worker placement, il s’est fait donné comme objectif de devenir le plus grand joueur de worker placement que la terre ait jamais connu.

Malheureusement, prenant conscience que c’est un rêve idiot, il aborde aujourd’hui une approche plus réaliste de la chose et apprécie globalement tous les styles de jeux, du kubenbois le plus agréable a l’Améritrash le plus virulent. Son ouverture d’esprit dans cet univers riche lui permet d’avoir une feuille de route bien remplie et s’adonne avec encore plus de passion qu’avant à partager son point de vue amateur et positif de l’univers des jeux de société.

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5 thoughts on “IKI, LA VOIE DU COMMERÇANT!

  1. Merci pour cette découverte!
    Rahdo m’avait déjà mis la puce à l’oreille, et maintenant toi!
    Faudra se faire une partie!

    Bienvenue dans l’équipe de PassionBoardgames 😉

    Comme on dit en japonais:
    あなたがこの文章を読むことができる場合、あなたは失うために多くの時間を持って

    1. Merci beaucoup JP !
      On doit effectivement se setter une date pour essayer Iki, TOUT LE MONDE doit essayer Iki !!!
      Ton proverbe en japonais est tellement profond et plein de sens :'(

  2. Merci et bravo pour cet article.
    Un jeu au visuel magnifique effectivement et plein de promesses en ce qui concerne l’ambiance et l’immersion.
    Mais il semble que la mise en place pour 2 joueurs diffère de celle pour 4. Pensez vous que l’intérêt du jeu en soit réduit du coup ?
    Avez vous déjà joué a moins de 4 joueurs ? Si oui partie intéressante ?
    Bonne continuation 😉

    1. Je n’ai malheureusement jamais joué à 2, je serais bien curieux de l’essayer afin de voir le roulement du jeu. J’ai pour l’instant seulement essayer Iki à 4 joueurs, environs 7 parties au total.
      Lorsque je l’aurais essayé à deux, je viendrais commenter ici afin de vous faire part de mes impressions ! 🙂

  3. Merci pour cet article, je ne connaissais pas du tout ce jeu et maintenant il m’intéresse vraiment! Il n’a pas l’air évident à trouver par contre et il semble cher, mais j’avoue qu’il est tentant… 🙂

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