JOUEZ SANS DÉS NI PIONS

C comme dans cartes

Et oui! Quand on joue sans dés ni pions, on joue bien évidemment avec des cartes! Bon. Il est possible qu’il existe des jeux sans dés, ni pions, ni cartes… mais je préfère ne pas les connaître. Ce ne doit pas être le genre de jeu que tu ranges dans une belle armoire Kallax et qui t’a charmé dès un premier regard.

En faisant la liste de mes jeux commençant par la lettre C, j’ai constaté que, comble de l’ironie, la majorité d’entre eux se jouaient avec des cartes. Ironiiiiiiie? Ben tsé… Ce sont des jeux dont le nom commence par C et ce sont des jeux de Cartes! Êtes-vous là? J’ai donc décidé de vous les présenter, ces jeux de cartes aux mécaniques et aux thèmes tous différents.

Je vous présenterai donc Citadelles, Cités perdues, Coloretto et Corsari.

 

Citadelles

2 à 8 joueurs de 10 ans et plus pour une durée de 60 minutes

Dans Citadelles, il y a deux phases : celle où l’on choisit notre personnage et celle où on les dévoile pour ensuite faire notre action et peut-être bâtir un quartier.

Dans la phase 1, chaque joueur, en commençant par le dernier qui fut roi (dans le jeu… pas dans la vraie vie!), doit choisir un des personnages encore disponibles. Il y a 8 personnages en tout et chacun a un pouvoir spécial, bien évidemment. On pourrait voler un autre personnage, le tuer, faire plus d’argent ou bâtir plus de quartiers par tour, etc.

Dans la phase 2, le dernier joueur qui fut roi « appelle » les personnages, toujours dans le même ordre (ceux-ci étant numérotés de 1 à 8). Quand un personnage est appelé, il se dévoile, utilise le pouvoir de son personnage puis il a le choix entre faire deux pièces d’or ou piger deux nouvelles cartes quartier et en garder une des deux. Ensuite, s’il a suffisamment d’argent pour le faire, il peut bâtir un quartier de sa main en dépensant la somme requise et en déposant la carte devant lui.

La partie se termine à la fin du tour (l’appel) pendant lequel un joueur a réussi à bâtir ses huit quartiers. Les points sont donnés en fonction du coût ainsi que des types (il y en cinq) des quartiers bâtis et des points sont donnés au premier joueur qui a bâti huit quartiers puis aux autres joueurs ayant réussi à le faire également.

Le gros plaisir de Citadelles, c’est que, par exemple, le voleur ne vole pas quelqu’un, mais plutôt un personnage. Il faut alors tenter de deviner quel rôle a en mains le joueur avec le plus d’argent… par exemple, le voleur pourrait décider de voler le marchand. Si ce dernier a été écarté en début ou en fin de la première phase, le voleur ne fera pas un sou avec son vol… il faut être à l’affut!

Ce que j’aime bien avec Citadelles, c’est justement ce petit challenge de ne pas juste choisir un personnage parce que j’aime son pouvoir. À la limite, peut-être même que je le sacrifierais pour bluffer un peu. Il faut réfléchir à ce qui est le plus payant pour les autres et tenter de leur nuire aussi…! Bon. Ce n’est pas le seul but du jeu, quand même, puisque le but ultime, c’est de bâtir des quartiers qui valent cher (donc beaucoup de points), mais le choix des personnages joue un rôle très judicieux dans le chemin vers la réussite. En plus, personnellement (TRÈS personnellement), je l’adore à deux. Jusqu’à cinq, il est agréable et au-delà de ça, à mon avis, c’est trop pour que le plaisir soit encore de la partie. Mais c’est très personnel!

 

Cités perdues

2 joueurs de 10 ans et plus pour une durée de 30 minutes

Cités perdues se joue en trois manches durant lesquelles les joueurs devront faire le plus de points possible en faisant bien attention, surtout, de ne pas en PERDRE!

Il y a cinq expéditions (plateau central) arborant chacune leur couleur. Il y a autant de couleurs de cartes numérotées de 2 à 10 incluant également trois cartes « pari » de chacune de ces couleurs. À tour de rôle, les joueurs devront poser une carte soit de leur côté du plateau, vis-à-vis la bonne couleur d’expédition, soit sur le plateau, sur l’expédition de la couleur correspondante. Ensuite, le joueur pige une carte sur la pioche ou sur le plateau central.

Il n’y a pas de règle pour les cartes que l’on place sur le plateau central. Par contre, pour celles que l’on place de son côté du plateau, l’ordre doit être celui-ci : les cartes pari puis les cartes numérotées, toujours en ordre croissant. Par exemple, deux cartes pari, 3, 5, 6, 7, 10. Si je pigeais ensuite une carte pari de cette même couleur, je ne pourrais plus la placer.

Une manche se termine dès que la dernière carte de la pioche est pigée. Les joueurs comptent alors leurs points pour chacune des expéditions : on additionne les valeurs des cartes, on soustrait 20 (pour les frais d’expédition) puis on multiplie par deux fois le nombre de cartes pari. Pour reprendre l’exemple précédent : 3+5+6+7+10=31-20=11X4 (deux cartes pari X2) = 44. Cette expédition vaudrait donc 44 points. Attention! Si je n’avais pas eu le 3 et le 10, par exemple, j’aurais fait 5+6+7=18-20=-2X4=-8. Voilà pourquoi il faut être vigilant!

Avec Cités perdues, ça peut parfois se retourner rapidement. Première manche, j’ai fait 120 points, ç’a bien été, mon adversaire n’en a fait que 30. Trop sûre de moi, je joue plus wild à la deuxième manche, je finis avec –56 points et mon adversaire s’est rattrapé avec 82… finalement, je ne suis pas d’avance! 

C’est d’ailleurs ce que j’aime beaucoup de Cités perdues : les revirements de situation! Tu penses que ça va bien puis finalement tu te fais avoir. De plus, derrière sa mécanique (très) légère, il cache un beau sens du timing. Des fois, en cours de manche, on pense que notre adversaire n’a pas besoin de bleu alors on ose jeter une carte bleue sur le plateau et le tour d’après, il va la chercher… on comprend vite qu’on lui aura peut-être donné un petit coup de main malgré nous finalement!

 

Coloretto

2 à 5 joueurs de 8 ans et plus pour une durée de 30 minutes.

Dans Coloretto, vous aurez deux choix : piocher une carte et la poser sur l’une des rangées de cartes encore disponible au centre de la table ou bien prendre une des rangées au centre de la table. C’est très simple, mais il donne place à un minimum de réflexion, quand même!

La partie se joue sur un nombre de manches indéterminé (puisqu’il dépendra du nombre de joueurs, du nombre de cartes piochées par manche, etc.). Lorsque la carte « dernière manche » est piochée, on termine la manche en cours puis on compte les points.

Le nombre de points attribués dépend du nombre de cartes d’une même couleur qu’un joueur possède. Un joueur va additionner ses points dans 3 couleurs différentes. Pour les couleurs supplémentaires, il devra les compter selon la même charte de points, mais les soustraire de son total obtenu précédemment afin de connaître le grand total de ses points. On choisit évidemment les couleurs que l’on souhaite compter en positif et celles qu’on comptera en négatif.

C’est intéressant parce que, parfois, une rangée va contenir un joker et/ou une carte « +2 points »,  mais une ou des couleurs que l’on n’a pas… c’est là qu’on va se mettre à calculer ce qui sera le plus payant. On peut aussi tendre des pièges à nos adversaires en leur mettant une carte qu’ils pourraient vouloir dans une rangée contenant des cartes qui les intéressent peut-être moins. Cette carte pourrait parfois valoir beaucoup de points au bout du compte… 

Coloretto est un bel exemple de jeu qui a adapté son mode deux joueurs. Vous comprendrez que plus on est de joueurs, plus ça peut être long avant qu’un joueur décide de prendre une rangée de cartes. À deux, c’est sûr que c’est moins long. Par contre, il y a une rangée de plus que le nombre de joueurs. Ce qui fait que celui qui sera le dernier à prendre une rangée pourrait décider de les remplir toutes les deux avant de choisir laquelle il prendra. Coloretto est un beau petit jeu de cartes qui demande parfois de petits sacrifices et c’est ce côté qui me plaît : pousser ma luck ou jouer safe? Une couleur de plus ou non? 

 

Corsari

2 à 4 joueurs de 8 ans et plus pour une durée de 30 minutes

Corsari est un vieux jeu de cartes pas très recherché (et plutôt introuvable aussi, pour ne pas faire de jeu de mots), mais qui satisfait quiconque souhaite se faire une petite partie de cartes autre que les classiques que l’on joue avec les cartes à jouer ordinaires. Vous me suivez!?

Dans Corsari, chaque joueur commence avec une main de 12 cartes. Le jeu en soi contient 9 couleurs de cartes numérotées de 1 à 11. Au début de la partie, on crée une « pioche » qu’on pourrait appelée « port d’attache » et on y retourne la première carte. La couleur de la carte retournée, on l’appelle « atout » parce que toutes les cartes de cette couleur dans notre main ne peuvent être jetées et valent zéro. Cette carte pourrait être pigée par un joueur et remplacée par la prochaine sur le dessus de la pioche correspondante pour changer d’atout.

On crée une pioche avec toutes les autres cartes et on retourne la première carte. À leur tour, les joueurs doivent piocher une carte (dans la pioche, dans la défausse ou au port d’attache) et défausser une carte. Le but est de finir avec une série de 1 à 11 dans un maximum de deux couleurs différentes avec une carte de la couleur de l’atout (dans le meilleur des mondes). S’il manquait des chiffres dans votre suite, ce n’est pas grave, tant que vous n’avez pas deux fois le même nombre dans votre série et que les cartes supplémentaires sont de la couleur de l’atout.

Sinon, toute autre carte vous donnera les points correspondant à sa valeur.

Dès qu’un joueur a la main qu’il souhaite avoir après avoir pioché, il « lève l’ancre ». Cela met fin à la manche et pourrait mettre fin à la partie. Si le joueur qui a levé l’ancre a zéro point dans sa main, il est déclaré roi des mers et gagne la partie. S’il avait des points encore, il doit en avoir moins que ses adversaires afin de ne pas recevoir leurs cartes en pénalité. La partie pourrait se terminer lorsque tous les joueurs cumulent 35 cartes obtenues en pénalité à la fin de chaque manche. Si la partie se termine ainsi, les joueurs comptent leurs cartes (et non les points de leurs cartes) et le joueur qui en a le moins gagne la partie.

C’est un petit jeu de cartes très simple. Par contre, quand on remarque que les cartes que l’on jette sont sans cesse reprises par un adversaire, on commence à faire plus attention. Quitte à changer l’atout en espérant que cette couleur le devienne, par exemple. Parfois, on commence la manche avec beaucoup trop de couleurs. On essaie de focusser sur les deux plus avantageuses, mais on se fait parfois jouer des tours par le hasard… bien agréable petit jeu de cartes! 

Quand j’ai joué ma première partie de Corsari, je suis tombée sous le charme. Simple et efficace. Il nous met vraiment dans le même esprit que lorsqu’on sort un jeu de cartes classique, mais avec une petite twist de plus, quand même! Avec lui aussi il y a une belle notion de timing : j’attends vraiment de n’avoir que deux couleurs dans les mains pour être roi des mers ou je ne prends pas de chance parce que je sens que c’est un autre joueur qui finira par réussir?  

 

Alors voici ce qui conclue mes propositions de jeux de cartes selon la liste de C. J’espère vous avoir inspirés pour de prochains achats beaux, bons, pas chers! Parfois, on n’a pas besoin de grand-chose pour se satisfaire. Ces jeux sont presque tous des jeux qui se jouent rapidement entre deux jeux plus lourds ou quand on a moins de temps.

Et vous? Des jeux de cartes plus ou moins connus que vous aimez toujours ressortir, vous en avez?

– Sophie
L’Appartement du bonheur

 

Image Citadelles : http://lesdragonsnains.com/jeux/24-jours-de-jeu-citadelles-un-jeu-tactique-et-accessible/

Image Cités perdues : http://justtoplay.free.fr/fiche.php?p_chx_num=81

Image Coloretto : https://boardgamegeek.com/blogpost/29673/michael-schacht-his-modern-classic-coloretto

Image Corsari : https://www.amazon.fr/Maison-et-cuisine-Negro-53443/dp/B007N5WY7C

Auteur: SoeeFi

Joueuse dans l’âme du plus loin que je me souvienne, les jeux de société modernes m’ont entraînée ailleurs complètement.
Je suis passée d’une vingtaine de jeux à près de 200 en 1 an et demi… mais je joue à tous les jours.
J’essaierai, du mieux possible, de vous faire entrer dans mon univers à travers mes parties, mes aventures de jeux et mes coups de coeur.
Chez nous, c’est L’Appartement du bonheur : plus y’a de jeux, mieux on se sent et plus on a de plaisir. J’essaierai, de mon mieux, de vous faire entrer dans ce bel univers.
Have fun! 🙂

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