GLOOMHAVEN – AYOYE…

En 2004, j’ai découvert l’univers de The Elder Scrolls avec l’épisode « Morrowind ». Il s’agit d’une série de jeux vidéo fantastiques avec un monde ouvert où on peut faire à peu près n’importe quoi, quand on veut et comme on veut. Un genre de GTA, mais sans la violence inutile et le sexe… quoi que! Bref, ce jeu allait ouvrir mes horizons. J’ai rapidement plongé dans cet univers merveilleux en suivant de près les épisodes suivants : « Oblivion » et, plus récemment, « Skyrim ». Le nombre d’heures que j’ai passé devant mon écran d’ordinateur ou de Xbox est incalculable : ces jeux m’ont véritablement envouté et représentent une grande partie de mon adolescence! Depuis ce temps, j’ai délaissé les jeux vidéo pour me concentrer sur les jeux de plateau. Mais je suis toujours demeuré avide de dénicher un jeu de société qui me redonnerait le sentiment que j’avais lorsque j’étais au contrôle de mon Bosmer membre de la Dark Brotherhood. Sentiment que j’ai retrouvé en jouant pour la première fois à Gloomhaven, il y a quelques semaines!

Concepteur : Isaac Childres 
Éditeur :
Cephalofair Games
Nombre de joueurs : 1 à 4 joueurs
Âge recommandé : 12 ans et plus
Durée : 90 à 150 minutes

Premièrement, il faut savoir que Gloomhaven est le fruit d’une campagne Kickstarter qui a amassé un peu moins de 400 000$ lors de son financement. Le jeu offre un aspect Legacy, c’est-à-dire une expérience avec des impacts permanents sur le jeu et son histoire. Il y a un total de 95 scénarios uniques compris dans le jeu et on peut ajouter à cela 17 scénarios solo rendus disponibles par Isaac Childres sur BGG (disponible ici!) Le concepteur décrit son propre jeu comme étant « un jeu de combat tactique avec fortes inspirations Euro ». Est-ce que ça vous dit quoique ce soit? Il serait beaucoup plus juste de le décrire et disant qu’il s’agit de « The Elder Scrolls dans une boîte » !

Je n’ai joué qu’une seule fois à ce jeu. Une seule fois, mais… pendant 8 heures, quand même! Bref, je n’ai joué qu’une seule fois à ce jeu, donc cet article ne sera pas vraiment une critique approfondie doublée d’une analyse réfléchie. Je crois que pour en arriver là, il faudrait au moins que j’aie joué plus de 2 scénarios, non? À mes yeux, c’est pratiquement impossible de donner son appréciation complète après une seule partie. C’est pourquoi je vous parlerai surtout de mon expérience préliminaire et de mes premières impressions, tout simplement!

À ce qu’il parait, la boîte est pas mal grosse…

La boîte de Gloomhaven est monstrueusement gigantesque : 13 lbs (6kg) de carton! Ceux qui ont la version Kickstarter ont même pu ajouter quelques figurines de plastique à cela. Mais personne, PERSONNE, ne peut se plaindre du rapport qualité/prix. Le jeu se vendait sur Kickstarter pour la modique somme de 64$. Oui, 64$.

« Non mais je peux même pas m’acheter une boîte de Ticket to Ride à ce prix, y’a quelque chose qui cloche… »

64$ et tu obtiens assez de composantes pour t’ensevelir vivant sous une pile de carton, si tu le désires!
Ok, pour vrai, il y a vraiment du stock.

Côté qualité, c’est très bon! Je dois dire que je n’ai pas eu le souffle coupé en voyant le côté artistique du jeu, mais ne vous y méprenez pas : c’est très réussi! Il y a quelques problèmes avec la production dont nous avons été témoin dès la première partie. Entre autre, les supports « standee » sont trop serrés et il est possible d’abîmer les personnages de carton qu’on y insère lorsque vient le temps de les retirer. Les plateaux individuels représentent également un léger problème : les pistes pour insérer les marqueurs de vie et d’expérience sont parfois trop serrés ou trop amples et donc ceux-ci ne tiennent pas en place. En dehors de ces détails, la qualité des tuiles et des cartes et splendide! Vous y trouverez également plusieurs petites boîtes et enveloppes scellées, ces composantes renferment des informations hautement confidentielles qui ne seront dévoilées qu’à un certain point de votre expérience de jeu. Ces boîtes et enveloppes sont de bonne qualité et sous aucun prétexte vous ne pourriez découvrir les informations qu’elles renferment accidentellement!

Okay, le jeu est beau, mais l’expérience de jeu, elle?

Ce serait difficile pour moi de le comparer à un autre jeu de société existant. De ce qu’on raconte, ce serait un étrange mélange entre Descent, Mage Knight et un Dungeon Dragon un peu à la Pathfinder. Toutefois, il n’y a aucune Maître du jeu ou joueur « Overlord ». Mais pour vous donner une vraie idée, comme je l’ai dit précédemment, imaginez-vous jouer à The Elders Scrolls, à Neverwinter Nights ou même à Baldur’s Gate! C’est réellement ce sentiment, mais avec une troupe de mercenaires! Le jeu est coopératif! Du moins… à 98%! Les joueurs ont chacun leur personnage et chacun d’entre un poursuit un Objectif de vie : c’est le but de son existence! Ces objectifs sont secrets et il peut arriver que ceux-ci influencent vos choix et actions en cours de partie… car tout le monde veut arriver à ses fins, après tout! Mais tout le monde se bats côte à côte et il n’y a aucun intérêt pour les joueurs de perdre un scénario. Il n’y a donc pas de traître secret! Mais il est possible que mon objectif de vie soit de m’enrichir, peu importe le moyen… quitte à ce que je récupère jalousement tous les butins laissés derrière pendant le combat! Mais en plus de cela, il y a également des objectifs de bataille qui guideront vos choix sur le terrain : être le premier à tuer une créature pour prouver votre bravoure, ne pas utiliser ses objets lors d’un scénario, etc. J’aime beaucoup cet aspect, car ça laisse BEAUCOUP de place au rôleplay! On peut vraiment se laisser aller et plonger dans la peau de notre personnage, cela influencera nos décisions tout au long de la partie et ça ajoute beaucoup à l’immersion! Quoi? Se sentir immergé dans un jeu de société? Pas à peu près, mon ami!

Un autre truc qui est bien avec ce jeu, c’est la gestion des actions lors des combats. Chaque personnage a un paquet de cartes uniques. S’il gagne assez d’expérience, il pourra changer de niveau et acquérir de nouvelles cartes encore plus puissantes. Au début de chaque tour de combat, le joueur prend toutes les cartes encore disponibles de son paquet et en choisi deux qu’il va mettre en jeu. Chacune des cartes est divisée en 2 sections distinctes : celle du haut et celle du bas. Chacun de ses sections a des caractéristiques ou habiletés différentes! Le joueur devra donc jouer l’une de ses cartes pour son habileté du haut, et son autre carte pour l’habilité du bas (un peu comme dans Mage Knight, mais pas tout à fait)! Ces habiletés peuvent permettre de se déplacer, d’attaquer au corps à corps, d’attaquer à distance, d’utiliser des pouvoirs spécifiques, de combiner plusieurs effets, etc. C’est l’un de mes aspects préférés du jeu puisqu’il s’agit, à chaque tour, d’un véritable casse-tête! Les joueurs peuvent communiquer entre eux pour manifester leurs intentions ou établir une stratégie commune, mais ils ne peuvent en aucun cas informer les autres des cartes qu’ils joueront et de leurs effets précis!

On a parlé du combat sur le champ de bataille, mais il y a encore tellement à dire puisque le jeu est tellement plus que du hack’n slash! Lorsque vous reviendrez en ville, vous pourrez entre autre faire affaire avec les marchands pour acquérir de nouveaux équipements. Certains événements-surprise peuvent également survenir en ville et vous devrez décider d’un commun accord la suite des choses, mais je ne peux en dire davantage… Mais sachez que ce genre d’événement surviendra également lorsque vous prendrez la route en direction d’une nouvelle destination! Il faut aussi que je vous parle de la carte de Gloomhaven… Elle est immense et tellement… vide! Oui, comme dans The Elders Scrolls, vous commencez la partie avec une immense carte du royaume! Mais puisque vous n’avez encore rien exploré de celui-ci, elle est vierge. C’est-à-dire que vous devrez découvrir les lieux à explorer par vos propres moyens, récupérer des quêtes en interagissant avec des personnages ou en récoltant des informations pertinentes lors de votre périple. Je ne veux pas trop m’avancer là-dessus mais sachez que vous aurez parfois à DÉCHIRER, oui j’ai dit déchirer, certaines cartes pendant la partie. Mais vous devrez également apposer des auto-collants PERMANENTS, oui j’ai dit permanents, sur le plateau de jeu pour indiquer l’emplacement de certains endroits ou informations importantes. Beaucoup d’autres surprises vous attendent…

Est-ce que c’est bon?

On va mettre quelque chose au clair tout de suite…

Gloomhaven n’est pas bon.
Un morceau de gâteau au fromage New Yorkais, ça c’est bon.
Gloomhaven, c’est EXCELLENT!

Après une seule partie, je ne peux pas jouer dans les absolus. Il est donc impossible pour moi de donner une note d’appréciation dans le genre de 10/10. Et surtout, je ne peux pas m’avancer en affirmant qu’il s’agit du MEILLEUR JEU DE TOUS LES TEMPS. Mais je pourrais dire que le jeu m’a bien diverti et que j’ai très hâte d’y rejouer!

Plus que 9 jours, 20 heures et 36 minutes…

J’ai toutefois quelques inquiétudes…

J’ignore ce qui nous attend dans les aventures à venir. J’ignore à quel point ce que nous débloquerons comme nouveau contenu changera l’expérience de jeu. Mais je crois que c’est ce qui déterminera si le jeu a du potentiel à long terme ou non. Ce que je veux dire, c’est qu’il est possible qu’on se lasse des combats après quelques scénarios. J’espère me tromper! Mais j’ai l’impression que le jeu pourrait s’avérer répétitif. Certes, les objectifs de combat changent d’une bataille à l’autre, de nouveaux ennemis font leur apparition, vous obtiendrez de nouveaux objets et cartes… mais j’ai peur que ça deviennent fade! Et croyez-moi, j’espère que ce ne sera pas le cas parce que ce jeu a tout pour réussir et pour se démarquer largement! Fort heureusement, l’aspect narratif du jeu saura toujours compléter cela. Si vous jouez sans le moindre roleplay, je crois que ça peut certainement nuire sur votre appréciation du jeu après quelques parties. C’est pourquoi je continue de dire qu’il faut VIVRE son personnage lors d’une partie!

Wow, il y a tellement de choses que je n’ai pas abordées!

Mais ça m’a fait du bien d’écrire cet article.

Au fond, c’est un peu comme un procédé thérapeutique pour moi.

Je veux rejouer maintenant, mais je ne peux pas.

Pour compenser ce manque, j’écris un article de 2000 mots sur le jeu.

Je suis pathétique.

Auteur: J-P

YouTubeur à L’École du jeu.
Enseignant, papa et boardgamer passionné.
J’aime l’odeur du carton fraîchement punché, j’aime la texture des pages d’un livret de règles, j’aime faire rouler des dés entre mes doigts… Ah, et j’aime bien jouer, aussi!

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9 thoughts on “GLOOMHAVEN – AYOYE…

  1. Je suis d’accord avec toi JP sauf pour l’aspect de « devenir fade ». Je crois que le fait de mettre nos personnages à la retraite lorsqu’ils auront accomplis leurs objectifs de vies va changer complètement la façon de jouer et les stratégies de combats.

    Mais pit le reste je suis pas mal du même avis que toi. Surtout pour ce qui est d’y rejouer!!! Bientôt…

  2. Ce jeu semble tout simplement génial, j’avoue que j’avais pas encore regarder en détail ce jeu qu’est-ce que ça représentait, mais ta première impression est très bien rédigé et j’ai vraiment envie de l’essayer. C’est le style de jeu que j’adore et quand tu écris: « j’y ai joué pendant 8 heures », ça vient vraiment me chercher 😛 J’adore ça les jeux avec de longue durée de jeux et que les parties peuvent bien s’enchaîner, c’est encore mieux!! Le principe de la carte évolutive semble tout simplement malade! Bref.. je vais aller voir lire un plus sur ce jeu. Les supporteurs ont vraiment eu un bon prix, c’est un jeu qui dépasse maintenant les 100$CAD en précommande!

  3. Sans vouloir te contredire, je croit qu’il y a seulement (hehe.. Seulement) 95 scénarios. Les « 17 » autres récemment par Isaac (le designer) sont, on le devine, probablement en lien avec les 17 personnages jouable (6 de bases + 11 à débloquer).

    Aussi, la version « Standees » à 64$ est celle exclusive à kickstarter. La version retail aura les minis pour chacun des personnages jouable. Et d’ailleur on parle plutôt de plus de 20lbs la boites. 22.9 lbs à la livraison selon UPS et au alentour de 20.2lbs une fois déballé.

    J’ai bien hate de continuer les scénarios aussi, de mon coté, et bien hate de voir ta critique suivante.

  4. Salut JP
    Ah la série elder scrolls. J’y ai passé tellement d’heures alors quand tu dis que c’est un olivion dans une boîte, je me dis qu’il me le faut absolument celui là. Très bon article et reviens vers nous pour nous en dire plus après d’autres parties.😆

  5. Salut JP
    Ah la série elder scrolls. J’y ai passé tellement d’heures alors quand tu dis que c’est un olivion dans une boîte, je me dis qu’il me le faut absolument celui là. (Enfin, s’il sort en francais)Très bon article et reviens vers nous pour nous en dire plus après d’autres parties.😆

  6. Bonjour J-P et merci pour cet article,
    Enfin un article sur ce monument qui j’espère, comme le précise Titibo, sera traduit et disponible facilement sur le territoire Français. Qu’est ce qu’il fait envie ce jeu et la comparaison avec les région d’Elder scroll ne fait qu’augmenter mon impatience.
    Un super article, un jeu qui s’annonce énorme (dans tout les sens du terme), une expérience de jeu qui donne envie.
    Encore merci. 🙂
    Ben

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